Prochain rdv : vendredi 18-19 mai 2018


« S’il ne fallait retenir qu’une chose de l’École Nouvelle, ce serait le Grand Jeu. »

 

Témoignage du Grand Jeu des Anciens 2017

S'il est coutume, pour le Grand Jeu, de rencontrer au moins une fois par décennie des conditions météorologiques particulièrement excécrables, l’édition 2017 en remportera probablement la palme (pardonnez le calembour) pour le siècle tout entier. En effet, qualifier les conditions qui nous étaient réservées le 17 mai de temps de chien serait un euphémisme: des trombes de pluie dès l'aube, vent et brouillard, et surtout une température oscillant entre 4 et 7 degrés pour toute la matinée, en contraste parfait avec les jours super ensoleillés qui avaient précédé et qui allaient suivre le jour J. Mais il aurait fallu bien plus que cela (même plus que le Poste des Anciens du matin - qui devrait longtemps rester dans les annales) pour calmer les ardeurs et la motivation des enfants qui débordaient d'engouement et de bonne humeur dès les présentations d'équipes.

Le rendez-vous était fixé à 7h30 à la Place St-François à Lausanne. L'intendance de l'Ecole, sous la main de maître d'Izet, s'y affairait déjà depuis bien plus tôt pour y installer des abris amovibles pour éviter aux protagonistes et spectateurs, parents, professeurs, Anciens et autres amis de l'Ecole de trop être douchés avant même le début des festivités. Tant bien que mal abritées des trombes d'eau, cinq équipes de 27 élèves chacune se sont adonnées à leurs présentations, s'apparentant davantage à des courts-métrages théâtraux qu'aux plutôt brèves présentations d'autrefois (depuis quelques années, cette session de présentations semble réellement devenir une mini-Théâtrale, pour le plaisir des spectateurs qui parfois est moins partagé par les organisateurs pour qui cela occasionne toujours quelques retards dans le programme). L'équipe des Chevaliers ouvrait le bal, suivie des Irlandais, des Vikings, des Braqueurs puis finalement des Zoulous, avant d'entammer une traditionnelle brève promenade dans les rues et commerces de Lausanne (sous la conduite d'Anciens que nous ne nommerons bien évidemment pas), en direction de la station de métro du Flon. Imaginez la réaction des passants lorsqu'à 8h30 du matin une troupe de 140 personnes, déguisées et à hurler à tue-tête leurs cris d'équipes dans un brouhaha digne des Guggenmusiks, traversent des établissements comme les portes St-François!

Métro et bus scolaires acheminaient tout le monde vers les célèbres Bois de Bottoflens qui cette années investissaient les forêts du Jorat, avec un nouveau parcours de Grand Jeu méticuleusement planifié par Antonio Garcia*, Jean-Yves Gsell et Didier Richard.

Avec tant d'élèves par équipe, chacun des postes était scindé en diverses épreuves, et le premier à atteindre était celui de Madame Broccolo et Messieurs Traversi, Droxler et Gomez.

Le jeu de Monsieur Traversi consistait à piocher le nom d'un professeur du gymnase et à le faire deviner à ses camarades en le mimant. Il se serait d'ailleurs engagé envers les élèves à ne rien dévoiler de leurs performances hilarantes. Le poste de Monsieur Droxler avait pour but de porter de l'eau afin de remplir une bouteille, et celui de Madame Broccolo et Monsieur Gomez de faire deviner, à partir de photos, les noms et les âges de personnages de culture contemporaine italienne et hispanophone (musique, politique et télévision.)

Une nouveauté du Grand Jeu 2017 était une série de missions que chaque équipe devait chercher à remplir à tout moment de la journée, concoctées par Sâm Ghavami. Et comme si la pluie ne suffisait pas, une des missions consistait à faire chanter Monsieur Traversi (au sens propre, bien entendu) la bouche pleine d'eau, afin de s'assurer qu'il s'en asperge ou qu'il asperge son public le plus proche.

Une autre mission, très appréciée par Sander van Aartrijk (particulièrement avec le temps qu'il faisait) consistait à parvenir à lui vider un seau d'eau sur les fesses. Et oui, 4 des 5 équipes ont rempli la mission, alors que le pauvre Sander, au courant de rien du tout (imaginez sa surprise lorsqu'il s'est ramassé le premier seau d'eau!) n'avait pris que 2 paires de pantalons de rechange et qu'à chaque fois ses bottes se transformaient en piscines. Pour un Grand Jeu sous la pluie, les choses n'ont au moins pas été faites à moitié!

Le deuxième poste comportait trois épreuves distinctes. La première sous la houlette de Fabrice Terrin demandait de la sagacité puisqu'il s'agissait de répondre à des énigmes et devinettes; la deuxième épreuve animée par Frédéric Rossé visait à faire deviner des titres de films célèbres à partir de mimes et la troisième organisée par Alin Guignard demandait des dons de physionomiste puisqu'il s'agissait de reconnaître, sur base de photos, des personnages célèbres de l'histoire, de Cléopâtre à François Hollande.

Les enfants repartaient ensuite vers le poste numéro 3, l'illustre épreuve des (plutôt vieux) Anciens, où Tejen Barbezat*, Sâm Ghavami, Antonio Garcia*, Adrien Tharin et Marghi Pellegri les réceptionnaient pour un poste double - celui des gourmets et des éboueurs. Pour le côté gastronomique (Adrien et Marghi), il s'agissait d'engloutir des bonbons collants qui étaient posés sur le front des élèves, sans qu'ils s'aident des mains pour les faire glisser de leur front à leur bouche. Pour le côté passablement moins gastronomique (Tejen, Sam, Antonio), il s'agissait d'effectuer une descente en bouée dans une rivière sinueuse et semée d'embuches, équipé de casque (sécurité oblige!) et palmes (débilité oblige!) en étant tracté et guidé par ses coéquipiers, sur une distance d'approximativement 200 mètres. Désolé les enfants!! En effet, cette activité qui aurait été bien rafraîchissante et ludique en temps normal, a probablement été plutôt frigorifiante avec les 5 petits degrés qu'il faisait en forêt... mais en connaissance de cause, les responsables du poste se réconfortent en sachant que ce sont justement ces types de postes, si physiques dans de telles conditions, d'apparence si rudes à ce moment-là, qui laissent bizarrement les meilleurs souvenirs et dont on se rappelle 20 ans plus tard.

Le pique-nique de midi, directement après ce dernier poste du matin, était ô combien bienvenu. Nourriture et boissons chaudes préparées par l'équipe de cuisine de l'Ecole, chauffage et refuge pour reprendre du poil de la bête... Mais les conditions météorologiques ne s'améliorant à priori pas vraiment, les organisateurs du Grand Jeu ont pris la décision à ce moment-là d'exceptionnellement annuler le parcours et les épreuves de l'après-midi, et de mettre la priorité sur un retour à un peu plus de confort et de reprise de forces en prévision du Cross de Nuit, en commençant par la mise en place des camps et des feux (qui se sont vite transformés en stations de séchage géantes).

Nul besoin de meubler le temps pendant l'après-midi: les équipes sont restées occupées en focalisant leur temps sur les missions à accomplir (qui ont continué à ravir Sander, en particulier une fois qu'il était arrivé à son troisième et dernier pantalon sec) et sur le questionnaire préparé par Tejen. Ce document de près de 40 pages, alliant culture générale, connaissances scolaires, connaissances des activités liées à l'Ecole, énigmes et devinettes a un poids non négligeable dans le classement final et les équipes ont la totalité de la journée pour le compléter. La correction en est d'ailleurs aussi longue que drôle: de quoi produire un best-seller en terme de bêtisier. On a appris cette année par exemple que l'autre nom de la Mer des Caraïbes (Mer des Antilles) serait "Maman Caraïbes", ou encore que les habitants de Gland s'appelleraient les "Glandeurs" ou les "Glandus" (il s'agit des Glandois), et que ceux de Vugelles-La-Mothe seraient les "Mothers". On apprenait aussi un nouveau proverbe de la langue de Molière: "Il n'y a pas à tortiller du cul pour savoir danser". Et bien ça rassure! En réponse à une énigme dans laquelle il s'agissait de trouver où était passé le franc manquant (l'énigme est en bas de cet article), une équipe à eu la présence d'esprit de simplement coller une pièce d'un franc sur la feuille, et d'écrire "--> ICI!" On dit bravo!

Le temps s'est progressivement éclairci dans l'après-midi, faisant finalement place à une météo propice à un Cross de Nuit dans d'excellentes conditions, dont le départ a été donné à 21 heures, après un copieux dîner au camp de base. Une fois toutes les équipes de retour du Cross vers 1 heure et demi du matin, qui s'est déroulé sans de graves bobos mis à part une cheville légèrement foulée, certains sont allés se coucher alors qu'une cinquantaine de téméraires a préféré se regrouper autour du feu, pour profiter de ces moments uniques à jouer de la guitare et chanter tous ensemble jusqu'à l'aube, en passant par la quasi totalité des morceaux dans les cahiers de paroles de chansons, accompagnés à la guitare par Sâm Ghavami et David Frischer, et Tejen Barbezat et probablement d'autres Anciens (que l'auteur s'excuse d'omettre si c'est le cas.)

Dès 7h, place au réveil ou non, au rangement, (à un dernier arrosage des fesses pour Sander!), puis toutes les équipes se rendaient en bus vers Chailly pour y compléter la dernière joute du matin - une course-relais par équipe.

Le Grand Jeu 2017 touchait gentiment à sa fin, et il était finalement temps de récupérer ses affaires et de pouvoir rentrer chez soi, prendre une des douches les plus précieuses et méritées de l'année, avant de s'allonger dans un vrai lit et d'y passer une bonne partie du samedi... Du moins c'est ce que la plupart des organisateurs ont fait.

Au risque de répéter les remerciements de l'article de l'an dernier, il est essentiel de relever le tour de force de gestion et coordination de plus de 30 personnes que représente l'organisation du Grand Jeu, en passant par la cuisine, les samaritains, la sécurité, les conducteurs, l'intendance, les professeurs, la direction et l'administration de l'Ecole et bien sûr ses Anciens. Félicitations aux éléments clés et indispensables derrière tout cela: Sander Van Aartrijk, Jean-Yves Gsell et Didier Richard, qui permettent de réitérer chaque année cette journée qui pour tout Ancien représente généralement un des meilleurs souvenirs de ses années à l'Ecole.

Et finalement, quel plaisir de voir, à l'annonce des résultats le lundi matin, le même engouement du vendredi matin omniprésent, rires et sourires se mêlant au suspense, aux chants d'équipes et à l'excellente atmosphère qui avait plannée tout au long du Grand Jeu malgré la météo bien maussade. Bravo, bravo les enfants, et merci! Vous êtes ceux qui nous rappelez les bons souvenirs, qui nous donnez envie de revenir, de participer à l'organisation, et qui plus que tout nous rendez fiers de l'Ecole Nouvelle. Bon vent, et à 2018.

Tejen Barbezat (1998-2000)

 

* : Membres du Comité des Anciens

 

Enigme: une facture à partager

Après un repas dans un restaurant, 3 amis demandent l'addition. Le serveur l'apporte: 30 francs. Chacun sort un billet de 10 francs, le pose sur la table puis ils lèvent vers la porte de sortie. Le serveur prend les 30 francs et se rend compte alors qu'il s''était trompé dans l'addition et que le total n'était que de 25 francs. Pour ne pas trop culpabiliser de s'être enrichi incorrectement, il décide de ne garder que 2 francs (au lieu de 5 francs), et il s'empresse de rattraper les 3 compères pour leur annoncer s'être trompé dans la facture, en leur rendant 3 francs au total (soit 1 franc rendu à chacun)

Chacun a donc payé 10 Francs - 1 Franc = 9 Francs.

9 Francs x 3 = 27 Francs.

Le serveur s'est mis 2 Francs dans la poche.

27 Francs (total payé par les 3 amis) + Francs (empochés par le serveur) = 29 Francs

Où est passé le Franc manquant?.